Musique et spectacles du 400e: bilan de la Grande Place

Commentaires sur les spectacles de Daran, Jamie Liddell, Shibuza Shirazu orchestra, Yelle, Nojazz, Philippe Lafontaine et Zoé, Yves Lambert et son Bébert Orchestra,   Claudio Cinelli, quelques slammeurs dont Ami Karim, Jérôme Minière, David Marin, Kodiak…. qui se sont tenus à la Grande Place du 400e de Québec en 2008. Musiques et spectacles du 400e … Read moreMusique et spectacles du 400e: bilan de la Grande Place

Langues autochtones et sonorités du Québec: Fête de l’amitié autochtone (et Pow Wow):

par   Alain Lavallée

Pow Wow de Wendake: 25-27 juillet

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(N.B.:toutes les photos sont de Carole Lafond-Lavallée, celles du pow wow de Wendake sont à la fin)

Fête de l’Amitié autochtone: 

Anionwentsaen, 17 juillet, 400e Québec

Pendant que les spectateurs de la Grande Place entonnaient avec cœur le refrain d’une chanson de Kashtin,  Claude McKenzie à la fois heureux et  surpris s’est exclamé tout en continuant à jouer de la guitare et en écoutant la foule chanter: « Calvâsse, j’avais 20 ans… C’est de l’Indien que vous chantez là ».  Claude McKenzie (photo)  réalisait que sa musique, sa chanson innue (Tipatshimun, la chanson du diable) étaient entrées dans le patrimoine québécois. Il en était visiblement très heureux et très fier.

(voici un des premiers vidéos de Claude McKenzie et son complice Florent Vollant, alors qu’ils formaient Kashtin, une chanson en innu, E Uassiuian  (mon enfance)   http://www.youtube.com/watch?v=DK3hOAyIn8c
Au cours de la semaine du 15 juillet, quelque 300 représentants des peuples autochtones du Canada ont participé à Québec à une Assemblée des Premières Nations du Canada.  Le 17 juillet, un bon nombre d’entre eux ont participé à une marche symbolique destinée à souligner « la contribution marquante des Premières Nations à l’histoire de Québec, du Québec et du Canada. »  Suite à cette marche, tous étaient conviés à la Fête de l’Amitié à l’Espace du 400e. La nation Huronne-Wendat ayant été désignée nation hôte, elle a profité de cette occasion pour inviter les représentants des dix autres nations autochtones du Québec à une fête de l’amitié:  Micmacs, Abénaquis, Malécites-Etchemins, Cris, Naskapis, Iroquois-Mohawk, Algonquins, Attikameks, Inuits, Innus y ont présenté chacun au moins un de leurs artistes. La fête avait débuté à 15 heures à la Grande Place. Québécois et touristes étaient bien entendu conviés à y participer  (la liste complète des artistes est présentée à la toute fin de ce billet).

Il y avait des conteurs, tels Stéphane Jeannotte (humoriste micmac) ou encore Dave Jenniss (Malécite) qui nous a rappelé qu’à l’origine son peuple vivait sur les rives du fleuve St-Jean à la frontière du Nouveau-Brunswick et Maine actuel, mais qu’ils venaient aussi faire la traite à Tadoussac, (ils y étaient d’ailleurs au printemps 1603, et ont accueilli une représentation diplomatique de France avec qui ils ont fait alliance, François DuPont Gravé et Samuel Champlain faisaient partie de la représentation diplomatique de France). La violoniste Mohawk-Iroquoise Tara Louise Montour a aussi fait une prestation. Les Inuits Akinisie Sivuarapik ont présenté des chants de gorge. Ces chants qui il y a quelques années encore paraissaient exotiques, presque étrangers, ont depuis séduit les Québécois. Ils deviennent de plus en plus familiers. (Comme l’ont montré les prestations du groupe Igloo Lounge dans le cadre de l’événement Domagaya qui se tenait sur le site du Bassin Louise au cours des dix derniers jours de juin).

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Bryan André  (photo), chante en innu et français, il nous a raconté ses expériences. Il fait la tournée des écoles et des communautés innues pour parler de « l’autre chemin ». André dit aux jeunes des communautés amérindiennes qu’ils ont un avenir. C’est ce qu’il exprime dans sa chanson « Tshismeshkaminnu ». « Si vous savez d’où vous venez, il vous sera plus facile de trouver où aller« . Il a d’ailleurs chanté cette chanson avec beaucoup d’émotion à l’occasion de cette fête de l’amitié.

http://www.youtube.com/watch?v=k1WDRsg0cFs

sakay-ottawa-400e.1216998278.jpg Sakay Ottawa (photo), un Attikamek de Manouane nous a chanté « D’où je viens » en langue attikamèke. Il nous a raconté l’histoire de Manouane. Il nous a aussi dit que son peuple (vivant principalement en Haute Mauricie et au nord de Lanaudière) est chanceux puisque près de 95% des 6000 Attikameks peuvent s’exprimer dans leur langue maternelle. Sakay nous a aussi parlé de l’urgence et l’importance pour sa culture de transmettre la mémoire collective des origines.
(vidéo Ni ka Toten de Sakay Ottawa

http://www.youtube.com/watch?v=-DUuiPxeEZ4

Arthur Petiquay, Attikamek de Weymentachie nous a parlé de l’enfant, ce « petit être de lumière » et nous a chanté l’histoire d’un jeune enfant abusé sexuellement.

En un certain sens, André et les artistes des peuples autochtones indiquaient aussi la voie aux gens de la Société du 400e: en faisant des activités qui indiquent aux jeunes Québécois d’où ils viennent, cela leur permet d’être fier, de faire face à l’avenir et de trouver où aller. Avec cette fête de l’amitié, la nation huronne-wendat montrait à la capitale nationale qu’est Québec que pour le 400e, il aurait été normal qu’elle puisse convier toutes les régions de la nation québécoise à une fête de l’amitié partagée (cela faisait partie des projets du ministre Couillard lorsqu’il était ministre responsable de la Capitale nationale, mais ses projets ont été contrecarrés, et il a démissionné).

Musiques autochtones et « sonorités du levant »

En écoutant les musiques des artistes inuits, innus, attikameks, hurons-wendats, etc. qui chantent et sonorisent la culture de leur contrée, qui enrichissent les musiques du monde, je me suis rappelé ce mot de la chanteuse étatsunienne Janis Joplin.  À l’été 1970, elle a participé au Festival Express, un festival itinérant qui le 24 juin était passé par Montréal.  Les artistes du festival se déplaçaient en train d’une ville à l’autre.  Janis Joplin avait côtoyé Robert Charlebois et son violoneux  Philippe Gagnon et les avait entendus jouer. Elle leur avait dit que s’il existait en Amérique un « western sound », une sonorité musicale typique de l’ouest de l’Amérique, eux ils représentaient un « eastern sound », une sonorité musicale de l’est du continent.

Cette sonorité musicale particulière que nous avons entendu lors de la fête de l’amitié entre autres, nous aimerions la qualifier de « sonorités du levant », puisque les peuples autochtones de l’Est de l’ Amérique sont des « peuples du levant », du lever du soleil sur les grandes eaux. Il faut bien entendu souligner le travail remarquable du guitariste Gilles Sioui, (Huron-Wendat de Wendake, photo ci-dessous) qui a accompagné tous les musiciens en cette journée de la Fête de l’amitié. Il paraît jouer le rôle d’un véritable mentor, un guide pour les artistes plus jeunes. (Il semble que le nom Sioui, signifie en huron-wendat « soleil levant »).

Langues et relation au monde :

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ces artistes, chanteurs, conteurs innus, malécites, attikameks, etc. au sujet de l’importance pour un peuple et ses communautés de partager une langue commune, de partager une mémoire collective, de se remémorer d’où ils viennent. Les langues sont beaucoup plus qu’un outil que l’on pourrait changer comme on change de chemise ou d’outil. (Les récentes excuses du gouvernement canadien (juin 2008) au sujet des pensionnats témoignent entre autres de l’importance de la langue dans la constitution de la culture en général, et dans ce cas-là des cultures autochtones.)

La langue construit la relation au monde, la manière de penser le monde. Par exemple dans la langue algonquienne, il n’y a pas de mot pour attribuer la possession directe (« mon, ma, mes »). Un canot n’est pas « mon » canot. Il est un assemblage d’éléments naturels-culturels qui sont et font encore partie de la nature. Comme si celui qui parle cette langue ne pouvait s’approprier ni le canot, ni la nature. L’humain participe de la nature.

Autre exemple, dans la langue algonquienne, il n’y a pas de conditionnel, pas de « si » et de scénarios. Il n’y a qu’une réalité. Dans cette réalité, dans cette nature (qui comprend les esprits, la culture) il y a des Anish nabé, des « êtres véritables », des humains, des Algonquins qui participent de la vie du monde et à la vie du monde, qui participent de et à son équilibre.( à noter que les mots  « Inuit » et « Innu »…ont aussi des signification semblable, dans leur langue respective ils signifient « êtres humains, êtres véritables, êtres complets, etc. »).

Un dernier exemple très éloquent du comment une langue construit la relation au monde, comment elle influence la manière de penser le monde est celui bien connu, celui de la langue amérindienne « bororo ». Dans cette langue, il n’y a que quatre mots désignant les quantités: « un », « deux », « quelques-uns » et « plusieurs » (l’individu, l’accouplement, la famille, les êtres).  Pensez-vous vraiment qu’une culture bororo aurait pu inventer les comptabilités, les calculs de coûts réalisés dans les économies actuelles? Pensez-vous qu’une culture bororo pouvait inventer une compétitivité basée sur la profitabilité d’une transaction? Les cultures de l’oralité nous parlaient de réciprocité: je te donne, tu me donnes.

Ces quelques exemples montrent pourquoi, la langue n’est pas un simple outil que l’on pourrait changer sans qu’il y ait des conséquences irrémédiables pour la culture. Une langue participe à la conception et la construction du monde. Par exemple, la langue française est plus précise que la langue anglaise, cette dernière étant plus approximative. C’est pourquoi habituellement un texte de 10 pages en français pourrait ne compter que 8 ou 9 pages en anglais. En ce sens, le français est utile pour dire la complexité actuelle du monde. L’anglicisation au nom d’une pseudo-langue globale (anglobalisation) n’est pas un progrès, ni une solution à la complexité du monde. Au contraire c’est une réduction de la diversité du monde, de la diversité des manières de penser.

Des langues qui meurent c’est une perte pour l’humanité, plus grande peut-être que la perte d’une espèce de poisson, ou d’une espèce de plante. C’est une réduction de la complexité, la perte de possibilités de voir émerger des penseurs, des conteurs, des philosophes, des gestionnaires, des ingénieurs qui peuvent éclairer différemment notre relation au monde (et peut-être apporter des solutions originales aux crises actuelles découlant de la mondialisation).  Il est important de parler sa langue maternelle (à moins qu’elle ne soit déjà disparue), à laquelle on peut ajouter une langue passerelle (ou deux, ou plus, selon ses goûts et ses talents) qui peut servir à communiquer avec le monde au-delà.

(je poursuis cette réflexion « écologique » sur les langues dans le billet du 10 septembre : « Francophonie et préservation de la diversité culturelle: une saine prudence écologique« ).

http://quebec.blog.lemonde.fr/2008/09/10/francophonie-et-preservation-de-la-diversite-culturelle-saine-prudence-ecologique-et-resistance-au-neo-liberalisme/

Les  Autochtones du Québec contribuent à enrichir la langue française en y apportant des imageries propres à leurs langues d’origine (au sujet de l’apport des Autochtones au patrimoine culturel, on peut lire le livre de Côté, Tardivel et Vaugeois, « »L’indien généreux » ).

Je constate de plus en plus que les Québécois ont grandement besoin de la francophonie. Les Français ont par leur grand nombre pu conserver une structure de la langue française complexe.  Les Africains et les Arabes y apportent aussi des contributions originales, leurs caravanes de mots et d’imageries.

Les Québécois ont dépoussiéré la langue française, mais leur structure de la langue risque de devenir de moins en moins complexe… De plus en plus d’individus ne pratiquent qu’une traduction syntaxique très près de l’anglais…(Comme l’écrit Marie-France Bazzo: « » » » » »Sommes-nous laxistes ? La mondialisation et l’hégémonie de l’anglais menacent des tas de langues, dont le français. (….) S’exprimer avec moins de mots que ne le faisaient nos parents n’est pas un progrès. Si nous souhaitons agir sur le monde, encore faut-il savoir le nommer. » » » » » » » » » La langue à terre, L’Actualité, novembre 2007).    

Le rêve de certains Québécois d’être « full bilingue » (parfait bilingue), fait que de plus en plus certains deviennent des anglophones d’esprit traduisant en français. Un certain esprit de la langue, langue française, se perd au profit de la fonctionalité. Certains à force d’être « full bilingue », en viennent à ne faire que du « traduit du ». C’est pourquoi j’écris que les Québécois ont grandement besoin de se nourrir de la langue française enrichie par la francophonie et le souffle de diversité et de richesse que la francophonie apporte à la langue française.     (voir le texte de Christian Rioux, Full bilingue, Le Devoir, 15 février 2008)

http://www.ledevoir.com/2008/02/15/176220.html

Nous souhaitons aux peuples autochtones du Québec que les expressions culturelles, telle que la chanson joue pour eux le rôle important qu’elle a joué pour la culture et la nation québécoise, comme l’a montré le Karaoké du 400e tenu sur les Plaines le 15 juillet. Des dizaines de milliers de personnes sont venues chanter, se chanter, très souvent en famille, ces refrains qu’ils partagent. Puis en cette fête de l’amitié, Autochtones et Québécois ont montré à Claude McKenzie, que la chanson innue (Tipatshimun, la chanson du diable) faisait aussi partie du patrimoine québécois… et que ce patrimoine peut continuer à s’enrichir des contributions autochtones qu’elles soient innues, attikamèques, etc.  Le Québec, et l’Amérique, au cœur de la mondialisation ont besoin des artistes innus, attikamèques qui parlent et chantent, apportent leur contribution originale au monde. Les artistes innus attikamèques, etc. peuvent aussi en retour bénéficier de l’amérilatinité des artistes québécois et être portés par le réseau de la francophonie qui sillonne la planète.

Il faudrait aussi souligner l’apport d’une autre forme d’expression culturelle, le cinéma, qui fait peu à peu sa place dans les jeunes cultures autochtones grâce au Wapikoni mobile entre autres.  Le vidéo de Sakay Ottawa présenté plus haut est un exemple de production du  Wapikoni mobile… (pour plus d’explications au sujet du Wapikoni mobile et d’autres vidéos du cinéma amérindien voir le billet du 10 octobre: « Sommet de la Francophonie: Wapikoni« ). Le cinéma a aussi joué un rôle important pour la culture québécoise.

Front commun pour le respect des Accords de Kelowna de 2005 ?

Parallèlement à cette fête de l’amitié des peuples autochtones, se déroulait à Québec une Assemblée des Premières Nations ainsi qu’une assemblée des premiers ministres des provinces et territoires du Canada.  Le premier ministre du Québec a joint sa voix au chef de l’Assemblée des Premières Nations en soulignant que les excuses du gouvernement fédéral présentées à la mi-juin pour les mauvais traitements subis dans les pensionnats autochtones ouvraient la porte pour un nouveau départ dans les relations avec les autochtones.  Le premier ministre du Québec s’est aussi fait le porte-parole du groupe de premiers ministres pour rappeler au gouvernement actuel d’Ottawa que les montants affectés à l’éducation des enfants autochtones étaient en moyenne deux fois moins élevés que ceux des autres communautés. Des accords ont été signés à Kelowna en 2005 par le gouvernement fédéral, les gouvernements des provinces et les chefs des « premières nations ».  Ils prévoyaient que des montants de 5 milliards de $ seraient consacrés entre autres à ces fins.  Depuis l’élection du nouveau gouvernement à Ottawa il y a plus de deux ans, ce dossier est bloqué. Le premier ministre du Québec a demandé que le processus ratification de ces accords de Kelowna continue.

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Paul McCartney à Québec: Mémorable

Paul McCartney, Québec : par Alain Lavallée Paul le sympathique a offert un spectacle énergique qui a duré deux heures et demi, et s’est conclu vers minuit dans un deuxième rappel avec « Sergeant’s Pepper Lonely heart club band » (…we hope you have enjoy the show…), une manière diplomatique d’inviter l’immense méga foule à … Read morePaul McCartney à Québec: Mémorable

Le Karaoké du 400e : « Viens chanter »… la fête de la chanson québécoise, le 15 juillet sur les Plaines

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Quelle belle soirée! Temps doux. Mer de monde qui chante en chœur, et avec cœur.

Certainement la plus grande chorale jamais rassemblée. Un animateur « des chants », pardon Deschamps qui introduit avec intelligence et humour , les chansons et/ou les artistes.

D’entrée de jeu, Yvon Deschamps a placé cette fête sous le signe du souvenir en nous rappelant le rôle de Félix Leclerc qui est un peu le père de la chanson québécoise à l’aide d’un petit vidéo de sa chanson « Attends-moi ti gars » où l’on voit nombre de pionniers de la chanson québécoise qui en interprète chacun un passage ….  Fait en 1962, on peut y voir Ferland, mais aussi Claude Gauthier, Claude Léveillée, Jacques Blanchet, Raymond Lévesque, Marc Gélinas, Germaine Dugas, Monique Miville-Deschênes et Jacques Normand…. Ils étaient jeunes et beaux (j’ai indiqué les noms de tous ceux qui chantent, sauf qu’à part Ferland qui chante en premier, j’ai pris soin de les placer en désordre, à vous de les classer).

Attends-moi ti gars   interprété par Félix et ses amis

  )

Plus de deux heures quarante-cinq à chanter avec plaisir. Comme l’a dit Yvon Deschamps, ils ont fait un choix sinon la foule aurait dû chanter jusqu’au Carnaval de Québec.  Son homonyme, Martin Deschamps a par la suite débuté avec la chanson du 400e.  Les autres artistes ont suivi avec  quelques chansons de leur répertoire personnel. Jean Lapointe a présenté entre autres « Chante là ta chanson » en prenant bien soin de se retirer du micro à quelques occasions afin de s’assurer que la chorale des plaines s’exprimât.  Les paroles s’affichaient sur trois écrans géants. Certains avaient pris soin de faire imprimer les textes des chansons à l’avance.

(textes des chansons http://monquebec2008.sympatico.msn.ca/MonQuebec2008/?module=events&id=1&eventid=410

Puis Laurence Jalbert a suivi en introduisant « Au nom de la raison » et « Tomber » ainsi que la jolie chanson de Michel Berger et France Gall , « Évidemment ».

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Yvon Deschamps prenait bien soin de nous présenter des petits monologues, de ces histoires qui  tellement « grosses » nous mènent finalement à penser le contraire de ce qu’il présente.  Par exemple, il parle un peu de notre niveau de vie d’occidental, de notre confort. Il souligne que nous avons besoin d’environ la moitié des ressources énergétiques et autres de la planète pour assurer le confort du 1 milliard de personnes de nos sociétés industrielles avancées.  Puis il nous explique que le véritable problème vient du fait que le milliard et quelques de Chinois, pour se développer « comme nous », voudraient s’approprier l’autre moitié des ressources de la planète  alors les prix du pétrole partent en orbite, les prix des métaux, du blé, du riz  grimpent rapidement… etc.  En conséquence, (selon le raisonnement de Deschamps), plus de 4 milliards de personnes sur la planète devront «crever de faim à cause des Chinois », bien entendu.

Avec un plaisir évident Michel Rivard nous a offerts à chanter son « Maudit bonheur », puis nous décrivant comme une marée humaine chantante il nous a accompagnés dans un « Je voudrais voir la mer » mémorable.  Par la suite, se présentant comme un gars de Montréal, il a lancé son « blues de la métropole » en nous posant la devinette suivante.  Comment appelle-t-on un gars de Montréal qui dit qu’il n’aime pas Québec ?…. un menteur.

Il a terminé avec la » complainte du phoque en Alaska » dont vous trouvez ci-joint le vidéo pris sur les plaines le 15 juillet. Les images du vidéo ne sont pas terribles, par contre on entend très bien la foule qui chante, qui karaoke…                    (  http://www.youtube.com/watch?v=U-JW7A4gER8  )

Pour introduire Daniel Lavoie, Deschamps en a profité pour parler de nos ancêtres qui passant par Québec se sont installés partout au Québec puis on semé et essaimé à travers l’Amérique, et que Daniel né sur les plaines de l’Ouest était revenu s’installer au Québec… il a enchaîné avec l’incontournable « ils s’aiment ».

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Yvon Deschamps a alors présenté le nouveau retraité de la chanson, Jean-Pierre Ferland qui était installé dans la foule mais sur un petit espace surélevé et l’a invité à nous accompagner, ce qu’il a fait de bonne grâce et avec une certaine émotion.

Deschamps a rappelé que les Québécois constituent un peuple généreux. Ils ont écrit un hymne national pour leur fête nationale, du 24 juin 1880, puis ils l’ont donné aux Canadiens. (voir la note à la fin de ce billet, détaillant à quelle occasion le « O Canada » a été écrit, une seule version du texte existe en français, celle du juge Routhier, par contre en anglais, une vingtaine de traductions connues existent).

Paul Piché a suivi. Deschamps a rappelé les faits saillants de sa carrière et a terminé en soulignant son adhésion à l’organisme « rivières » qui tente de sauvegarder l’aspect naturel des rivières du Québec. Deschamps a expliqué ce nouvel écologisme de Piché par le fait qu’il se sentait coupable… ses chansons ont été tellement chantées autour de feux de camp qu’il est fort probablement responsable de nombre de feux de forêts.

Martin Deschamps a,  pour terminer, prêté sa voix de rocker pour interpréter deux succès de Gerry Boulet –Offenbach, « Câline de blues » et « Chu rocker ».

En première partie, le groupe Mauvais Sort avait réchauffé la foule en présentant nombre de chansons traditionnelles françaises, qu’ils ont réarrangées. En seconde partie, il est revenu nous présenter le traditionnel « À la claire Fontaine« . Yvon Deschamps a évoqué avec un certain humour ces anciennes chansons françaises en référant aux cahiers de « La bonne chanson » de l’abbé Gadbois ». Cet abbé de Saint-Hyacinthe a publié, entre 1937 et 1951, une dizaine de cahiers contenant paroles et musiques de 500 chansons traditionnelles françaises. Cet événement du 15 juillet sur les plaines que les organisateurs avait nommé « Viens chanter ton histoire« , ce karaoké géant du 400e a été une véritable fête de la chanson québécoise.

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(toutes les photos sont de Carole Lafond-Lavallée)

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La Présidente du Chili au « Parc de l’Amérique latine »: 400e Québec

par  Alain Lavallée

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Dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de Québec, la Présidente du Chili, Michelle Bachelet, a effectué une visite au Québec. Elle est aussi Présidente de l’Union des Nations sud-américaines. Accompagnée de ministres chiliens, de parlementaires, de gens d’affaires et de doyens universitaires ainsi que de journalistes chiliens, elle a été l’invitée d’honneur, mardi soir, d’un dîner d’État au Château Frontenac. Mercredi matin, elle a prononcé un discours dans la salle du Conseil législatif du Parlement du Québec. Elle a rappelé que l’amitié entre le Chili et le Québec n’est pas d’aujourd’hui. Dès 1853, des religieuses du Québec ont mis sur pied des œuvres sociales au Chili. Fille d’un général assassiné par la junte de Pinochet, elle a évoqué et remercié le Québec pour l’accueil de plus d’une dizaine de milliers de Chiliens qui fuyaient cette dictature.

Elle a souligné que le Québec est un partenaire économique important pour le Chili et qu’elle souhaite non seulement une croissance des échanges économiques, mais aussi qu’une coopération plus importante se développe sur les plans éducatifs et technologiques entre le Québec et le Chili. Par la suite, au Parc de l’Amérique latine, elle a procédé au dévoilement du texte commémoratif de la statue équestre du Capitaine général Bernardo O’Higgins Riquelme (1778 – 1842), héros militaire et premier chef d’État du Chili indépendant. Sur les côtés de ce monument, don du gouvernement chilien, il est écrit « Hommage du peuple du Chili au peuple du Québec ».

Aussitôt que les activités protocolaires étaient terminées, les gens affluaient vers la Présidente, voulant lui parler, lui toucher, se faire photographier en sa compagnie, la remercier. Ce qu’elle faisait avec grâce et compassion. Nombre de ces personnes avaient dû fuir le Chili dans des conditions difficiles. En la touchant, ils se réconciliaient avec leur passé et elle redonnait de la couleur à leur présent. Après avoir été médecin, par son travail actuel visant à reconstruire une société chilienne démocratique et juste, la Présidente Bachelet soigne aujourd’hui l’âme chilienne.

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Après une visite à pied du Vieux-Québec, elle devait en fin de journée prononcer une conférence devant le Forum international des Amériques à Montréal (www.conderencedemontreal.com )

Lundi, lors de son passage à Ottawa la Présidente Bachelet avait invité le Premier Ministre du Canada M. Harper à véritablement réengager le Canada de manière plus importante dans les Amériques comme il s’y était engagé à l’automne 2007. Selon la Présidente, le Canada pourrait aider à y « consolider la démocratie, la paix, la sécurité et la stabilité ». Nombre de pays d’Amérique latine ont besoin de développer leurs capacités et infrastructures dans le domaine des réseaux de santé et des infrastructures économiques. Tout progrès en ces matières contribuera à y solidifier la démocratie.

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